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Paris : La solidarité avec les militants russes doit être concrète.

Une soirée de solidarité avec les militants du mouvement protestataire russe persécutés par l’Etat, notamment en lien avec l’affaire de la Place Bolotnaya, où plus de 20 personnes sont sous le coup d’ une enquête judiciaire,  s’est tenue samedi dernier, le 23 mars 2013 à Paris.

Cet évènement a été organisé par les activistes de l’Union des électeurs russes et des partisans de la démocratie en France, qui est l’une des associations créées l’an dernier sur la vague de contestation des élections frauduleuses en Russie. L’aide aux prisonniers politiques et aux militants persécutées par les autorités est l’un des principaux centres d’intérêt de l’UERF.

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La soirée a débuté par une table ronde intitulée « Les nouvelles répressions politiques en Russie : de la prise de conscience à la solidarité ». Y participaient des activistes et des organismes d’aide aux prisonniers politiques, ainsi que des chercheurs français et des militants des droits de l’homme qui suivent de près la situation des droits de l’homme et des libertés dans l’ex-URSS. La table ronde a été suivie du concert du groupe de punk français Enfance Sauvage, tout autant impliqué que les organisateurs russes dans la préparation de cet évènement.

Contrairement à d’autres concerts de solidarité où le public est attiré en premier lieu par la musique, et en second seulement par la cause à soutenir, cette fois c’est la table ronde qui a suscité le plus vif intérêt. L’attention soutenue du public, les  questions nombreuses et la vivacité des réactions des spectateurs le prouvent.Certains des participants du débat se sont retrouvés eux-mêmes  dans la situation de réfugiés politiques suite à la nouvelle escalade  des répressions et ont enrichi la discussion avec leurs témoignages «de terrain».

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La bonne surprise est venue non seulement du nombre de spectateurs, mais également de leur diversité : en plus des ressortissants russes résidant en France (étudiants, enseignants, journalistes et autres personnes travaillant en France), nous avons remarqué dans la salle des activistes de syndicats français indépendants,  des militants du mouvement de gauche et des anarchistes, ainsi que des intellectuels français qui s’intéressent à la Russie depuis longtemps.  Même les occupants du squat LE B.L .O.C, ou se déroulait la soirée, se sont joints à nous.

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La militante du « Comité du 6 mai » de Moscou Julia Gousseva a décrit en détail l’essor du mouvement social en Russie à la suite des protestations contre les élections truquées  en décembre 2011, les affrontements entre la police et les manifestants lors de la manifestation pacifique du 6 mai 2012 sur la place Bolotnaya, ainsi que la signification pour la société russe des persécutions qui ont suivi et les méthodes employées par la police et les tribunaux. Denis Solopov, militant du mouvement antifasciste et aujourd’hui exilé avec le statut de réfugié politique aux Pays Bas, a apporté son témoignage sur sa participation aux actions de protestation contre la destruction de la foret de Khimky au profit de la construction d’un parking commercial. Il a évoqué la confrontation des jeunes antifascistes et des nationalistes d’extrême droite en Russie, que les autorités russes et les forces de l’ordre arrivent souvent à instrumentaliser.

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Sacha Koulaeva de la Fédération Internationale des droits de l’homme et Anne Le Huerou, sociologue de l’Université de Nanterre, spécialiste du problème de la violence politique en Russie, ont parlé de la campagne de pression sans précédent menée par  les autorités russes contre les organisations de défense des droits de l’homme et d’autres ONG en Russie.

Le point culminant de cette campagne ces derniers jours sont les descentes, déguisées en audit de l’activité de ces ONG, effectuées par des organismes de toute sorte : à commencer par le parquet et l’Inspection des Impôts et jusqu’aux vérifications répétées de la sécurité incendie .

Tous ces sujets provoquent de vives discussions sur les sites internet russes, mais en Europe ces nouvelles arrivent sous une forme tronquée, d’où la nécessité de tables rondes comme celle-ci.

Ce type de débats permet d’apprendre directement auprès des participants aux évènements ce qui se passe en Russie, car du fait du déclin des protestations après la vague de 2011-2012 et dans un contexte international chargé, il est souvent difficile d’attirer l’attention du large public et des médias.

Des actions de solidarité avec les écologistes et les antifascistes russes ont déjà eu lieu à Partis auparavant. Il suffit de se rappeler des meetings de protestation contre le meurtre de Stanislav Markelov et de Anastasia Babourova (avocat et journaliste antifascistes), des concerts de solidarité avec des antifascistes organisés par leur camarades  français, de la campagne de soutien  aux défenseurs de la forêt de Khimky. Aujourd’hui l’initiative de ce genre de manifestation de solidarité avec le mouvement protestataire en Russie en France, en Allemagne et dans d’autre pays appartient souvent à la nouvelle génération de militants – des personnes qui il y a quelques années à peine ne pouvaient imaginer qu’elles allaient devoir autant s’impliquer dans le mouvement social.

Paris a vu durant ces derniers temps différentes actions de soutien aux  « Pussy Riot », des manifestations contre les élections truquées, contre la pression sur l’opposition et contre l’adoption de la tristement célèbre loi dite « Anti-Orphelins ».

Outre ces manifestions, d’autres formes de soutien au mouvement démocratique en Russie sont aussi pertinentes, notamment les réunions d’information et des tables rondes qui ont poure but d’informer la communauté française de ce qui se passe réellement dans la nouvelle patrie de Gerard Depardieu.  Non moins  importante est la  solidarité concrète avec les activistes persécutés par les autorités russes telle que la collecte de fonds pour les prisonniers, l’aide aux nouveaux réfugiés politiques etc. L’argent récolté à la soirée du 23 mars a été transmis au Comité du 6 mai.

L’action du samedi 23 Mars n’est pas la dernière, d’autres vont suivre. Cette vague de contestation sans précèdent a réveillé non seulement les gens mécontents en Russie mais aussi « nos compatriotes à l’étranger»  tant aimés par le Kremlin.  Se trouvant loin de Russie pour des raisons différentes (de façon temporaire ou permanente), ils continuent à s’inquiéter pour le destin de leur pays natal et de son peuple et ne sont pas prêts à se laisser endormir par les discours officiels lénifiants sur la fin de la crise et le retour à la «vie normale».

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